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SCPI et Divorce 2026 : Vendre, partager ou attribuer

SCPI et divorce en 2026 : vendre, partager ou attribuer les parts

Lors d'un divorce ou d'une séparation, les parts de SCPI doivent être réparties, attribuées ou vendues. Ce guide détaille la répartition selon le régime matrimonial, la fiscalité du partage (droit de 1,1 %, plus-value), l'évaluation des parts et la vente de gré à gré, finalisée par notaire, sur le marché secondaire. La situation voisine de la succession est traitée en détail dans notre guide succession SCPI.


1. Répartition des parts selon le régime matrimonial

Contrairement à un bien immobilier détenu en direct, les parts de SCPI sont divisibles : elles peuvent être réparties part par part entre les ex-époux, ce qui simplifie le partage.

RégimeParts acquises pendant le mariageParts propres (avant mariage / donation / héritage)
Séparation de biensChacun conserve ses partsRestent la propriété de l'époux concerné
Communauté réduite aux acquêtsBiens communs, partagés 50/50Restent la propriété de l'époux concerné
Communauté universellePartagées 50/50Partagées 50/50 (sauf clause contraire)

La communauté réduite aux acquêts est le régime légal par défaut en France pour les couples mariés sans contrat.


2. Les 3 options de partage

A — Vente et partage du prix

Vente de l'ensemble des parts de gré à gré, puis répartition du produit net entre ex-conjoints, sous séquestre notarié. Voie la plus simple lorsque aucun des deux ne souhaite conserver les parts.

B — Attribution avec soulte

Un époux conserve les parts et verse à l'autre une compensation (soulte) égale à sa quote-part. Nécessite une évaluation des parts (voir section 4). Pertinent lorsque l'un des deux souhaite conserver les revenus.

C — Conservation en indivision

Les ex-conjoints restent copropriétaires. Généralement source de difficultés : décisions communes requises, dividendes à répartir, désaccords fréquents dans la durée.


3. Fiscalité du divorce : droit de partage et plus-value

Le droit de partage

⚠️ Droit de partage : le partage de biens consécutif à un divorce ou à une rupture de PACS est soumis à un droit de partage de 1,1 % de la valeur nette de l'actif partagé (article 746 du CGI — le taux de droit commun des autres partages, notamment successoraux, reste de 2,5 %). Ce droit porte sur l'ensemble de l'actif partagé, pas uniquement sur les parts de SCPI.

La plus-value en cas de vente

  • La cession de parts de SCPI relève du régime des plus-values immobilières : 36,2 % (19 % IR + 17,2 % de prélèvements sociaux) sur la plus-value imposable, après abattements pour durée de détention (décomptée depuis l'acquisition des parts par le couple).
  • Les frais de cession supportés par le vendeur (commission, émoluments du notaire) viennent en diminution du prix de cession pour le calcul.
  • Côté acheteur, les droits d'enregistrement de 5 % prévus par l'article 726 du CGI sont à sa charge, comme pour toute cession de parts de société à prépondérance immobilière.

4. Évaluation des parts : la bonne référence

Pour la soulte comme pour le partage, la valeur retenue est en pratique le prix de retrait publié par la société de gestion à la date du partage (SCPI à capital variable) ou le dernier prix d'exécution sur le marché secondaire organisé (SCPI à capital fixe). En cas de désaccord, le juge peut ordonner une expertise.

⚠️ Erreurs d'évaluation fréquemment constatées : retenir le prix payé à l'époque de la souscription, ou le prix de souscription actuel — qui inclut la commission de souscription (souvent 8 à 12 %) et surévalue les parts. La bonne référence est le prix de retrait actualisé à la date du partage. Le détail complet de cette question, avec ses conséquences fiscales, figure dans notre guide succession (section évaluation).

Si les parts sont vendues, c'est le prix effectif de cession qui détermine les sommes à répartir : sur le marché secondaire, ce prix se négocie librement et peut s'écarter du prix de retrait, à la baisse comme à la hausse, selon la SCPI et la demande.


5. Indivision post-communauté et succession

Entre le divorce et le partage effectif, les biens communs sont en indivision post-communautaire : les décisions de disposition, dont la vente des parts, requièrent en principe l'accord des deux ex-époux. Le partage — amiable ou judiciaire — met fin à cette situation.

Le cas des parts détenues en indivision successorale (plusieurs héritiers) obéit à des règles voisines : unanimité pour vendre en principe, avec, par exception, la possibilité pour les indivisaires titulaires d'au moins deux tiers des droits de vendre des biens meubles indivis pour payer les dettes et charges de l'indivision (article 815-3 du Code civil). Le sujet complet — partage, licitation, partage judiciaire — est traité dans le guide succession SCPI.


6. Cas pratiques chiffrés

Exemples théoriques, à titre pédagogique. Les performances passées ne préjugent pas des performances futures. SCPI fictives.

Cas 1 : divorce — communauté réduite aux acquêts, vente et partage

Situation : Sophie et Marc divorcent. Ils détiennent 400 parts d'une SCPI acquises pendant le mariage (prix de retrait 1 135 € = 454 000 €). Régime : communauté réduite aux acquêts.

Option A — Vente et partage : offre acceptée à 1 050 € la part (décote de 7,5 %) = 420 000 €.

  • Commission 2nd Market : 11 300 € (6 % × 50 000 + 4 % × 50 000 + 3 % × 100 000 + 1,5 % × 220 000)
  • Émoluments notaire : 5 650 € (3 % × 50 000 + 2 % × 50 000 + 1,5 % × 100 000 + 0,75 % × 220 000)
  • Publication : 60 € — Total frais vendeur : 17 010 €
  • Net à répartir : 402 990 €, soit 201 495 € chacun, avant droit de partage de 1,1 % sur l'actif net partagé
  • Plus-value : prix de vente inférieur à la valeur d'acquisition → selon la situation, plus-value faible ou nulle

Option B — Attribution avec soulte : Marc conserve les 400 parts et verse à Sophie une soulte de 227 000 € (50 % de la valeur au prix de retrait). Le droit de partage de 1,1 % s'applique sur l'actif net partagé.

Cas 2 : héritier unique, besoin de liquidité (succession)

Situation : Marie hérite de 150 parts (valeur successorale au prix de retrait : 208 € = 31 200 €).

Retrait auprès de la société de gestion : ordre chronologique, délais pouvant dépasser 18 mois sur certaines SCPI.

Vente de gré à gré : offre acceptée à 190 € la part (décote de 8,7 %) = 28 500 €. Frais vendeur : commission 1 710 € + notaire 855 € + publication 60 € = 2 625 €. Net perçu : 25 875 €.

Plus-value : prix de vente inférieur à la valeur successorale → moins-value, 0 € d'impôt. Droits de succession : 31 200 € inférieurs à l'abattement enfant de 100 000 € → 0 €.

Cas 3 : démembrement au décès (usufruit conjoint + nue-propriété enfants)

Situation : Jean décède en laissant 200 000 € de parts. Conjoint survivant (68 ans) + 2 enfants.

Droits : conjoint exonéré (loi TEPA 2007). Enfants : nue-propriété 60 % (barème art. 669 CGI) = 120 000 €, soit 60 000 € chacun, sous l'abattement de 100 000 € → 0 € de droits.

Vente en pleine propriété (accord des deux parties) à 190 000 € : frais vendeur 11 610 € (commission 7 700 € + notaire 3 850 € + publication 60 €), net à répartir 178 390 € — usufruitier 40 % : 71 356 € ; enfants 30 % chacun : 53 517 €. Plus-value : prix inférieur à la valeur successorale → moins-value, 0 € d'impôt.

Cas 4 : désaccord entre héritiers

Situation : 3 enfants héritent de 300 parts. L'aîné souhaite conserver, les deux autres vendre.

Solution : partage préalable (100 parts chacun, droit de partage 2,5 % — art. 746 CGI), puis chacun décide : l'aîné conserve, les deux autres vendent leurs parts de gré à gré. Alternative en cas de désaccord persistant : rachat par l'aîné avec soulte, ou partage judiciaire (long et coûteux).


7. Vendre vos parts SCPI avec 2nd Market

En situation de divorce ou de succession, le besoin de liquidité est souvent contraint par un calendrier. Le retrait auprès de la société de gestion suit un ordre chronologique : fin 2025, 2,793 milliards d'euros de demandes restaient en attente selon l'ASPIM (3,14 % de la capitalisation), avec des délais pouvant dépasser 18 mois sur certaines SCPI. Sur 2nd Market, la vente de gré à gré se finalise généralement en 4 à 8 semaines lorsqu'elle aboutit, chaque transaction étant finalisée par notaire (séquestre, acte, registre des associés). La vente n'est pas garantie.

Ce que le cadre notarié couvre

📋 Vérification du dossier

Le notaire chargé de la cession vérifie la chaîne de propriété avant tout transfert : acte de notoriété ou jugement de divorce, attestation de propriété des parts, conformité du dossier.

👥 Vente après partage ou en indivision

Selon la situation, l'acte est adapté : vente par un seul titulaire après partage, vente conjointe par tous les indivisaires, ou rachat par un co-héritier avec soulte. La vente de parts indivises requiert l'accord des indivisaires.

⚖️ Partage divorce

L'acte de cession intègre la répartition selon le régime matrimonial, avec versement séparé à chaque ex-conjoint depuis le séquestre notarié. Aucun fonds ne transite par 2nd Market.

🔐 Parts démembrées

Si les parts sont démembrées, la vente en pleine propriété s'organise avec l'accord de l'usufruitier et des nus-propriétaires ; le prix est réparti selon le barème de l'article 669 du CGI ou une convention entre les parties.

Le processus en 5 étapes

  1. Créez votre annonce — SCPI, nombre de parts, prix souhaité. Précisez qu'il s'agit d'un divorce ou d'une succession.
  2. Transmettez vos documents — attestation de propriété ou relevé de parts de moins de 6 mois, pièces d'identité (Kbis si détention par une société), et selon le cas jugement de divorce ou acte de notoriété.
  3. Recevez des offres — négociation libre et anonyme via la messagerie ; les offres restent non engageantes jusqu'à acceptation.
  4. Signez l'avant-contrat — signature électronique ; les fonds de l'acheteur sont séquestrés chez le notaire.
  5. Finalisez chez le notaire — acte de cession, versement, puis inscription de la mutation au registre des associés par la société de gestion.
💡 Point fiscal utile (succession) : la valeur retenue dans la déclaration de succession devient le prix d'acquisition fiscal (article 150 VB du CGI). En cas de vente peu après le décès à un prix proche ou inférieur, la plus-value imposable est souvent faible, parfois nulle.

Simulateurs et guides


8. FAQ : divorce, séparation et SCPI

Comment se répartissent les parts SCPI en cas de divorce ?
Selon le régime matrimonial. En communauté réduite aux acquêts (régime par défaut), les parts acquises pendant le mariage sont des biens communs partagés 50/50 ; les parts acquises avant le mariage ou reçues par donation/héritage restent des biens propres. En séparation de biens, chacun conserve ses parts. En communauté universelle, toutes les parts sont partagées, sauf clause contraire.
Quel est le droit de partage applicable lors du divorce ?
Le partage consécutif à un divorce ou à une rupture de PACS est soumis à un droit de partage de 1,1 % de la valeur nette de l'actif partagé (article 746 du CGI). Le taux des autres partages, notamment successoraux, est de 2,5 %. Ce droit porte sur l'ensemble du partage, pas uniquement sur les parts de SCPI.
Un ex-conjoint peut-il conserver les parts SCPI et verser une soulte ?
Oui, c'est l'attribution avec soulte : un époux conserve les parts et verse à l'autre une compensation égale à sa quote-part. La valeur de référence est en pratique le prix de retrait à la date du partage (ou le prix effectif si une vente est prévue). Le droit de partage s'applique sur l'actif net partagé.
À quelle valeur évaluer les parts SCPI lors du partage ?
La référence pratique est le prix de retrait publié à la date du partage (capital variable) ou le dernier prix d'exécution du marché secondaire organisé (capital fixe). Ni le prix payé à l'époque de la souscription, ni le prix de souscription actuel — qui inclut la commission de souscription — ne sont les bonnes références. En cas de désaccord, une expertise peut être ordonnée par le juge.
Combien de temps pour vendre des parts SCPI lors d'un divorce ou d'une succession ?
Le retrait auprès de la société de gestion suit un ordre chronologique, avec des délais pouvant dépasser 18 mois sur certaines SCPI (2,793 Md€ de demandes en attente fin 2025 selon l'ASPIM). Sur le marché de gré à gré, le délai généralement constaté est de 4 à 8 semaines lorsque la vente aboutit. La vente n'est garantie sur aucun des deux canaux.
Peut-on vendre des parts SCPI en indivision ?
La vente requiert en principe l'accord de tous les indivisaires. Par exception, les indivisaires titulaires d'au moins deux tiers des droits peuvent vendre des biens meubles indivis pour payer les dettes et charges de l'indivision (article 815-3 du Code civil). La voie la plus simple reste le partage préalable, rendu aisé par la divisibilité des parts : chacun vend ensuite librement les siennes.
Comment est calculée la plus-value sur des parts héritées puis vendues ?
Plus-value = prix de vente − valeur retenue dans la déclaration de succession (en pratique, le prix de retrait au jour du décès) − frais de cession supportés par le vendeur. En cas de vente avec décote peu après le décès, le résultat est souvent une moins-value → aucun impôt. Les abattements pour durée de détention courent depuis la date du décès, pas depuis l'achat initial par le défunt.
Les droits de succession sont-ils déductibles de la plus-value ?
Non. Seuls les frais de cession (commission, émoluments du notaire pour la vente) viennent en diminution du prix de cession pour le calcul de la plus-value. Les droits de succession et le droit de partage ne sont pas déductibles de ce calcul.
Le conjoint survivant paie-t-il des droits de succession sur les parts SCPI ?
Non. Depuis la loi TEPA du 21 août 2007, le conjoint survivant marié et le partenaire de PACS sont totalement exonérés de droits de succession, quel que soit le montant. Cela inclut les parts de SCPI.
Qui paie les droits d'enregistrement de 5 % lors de la vente ?
L'acquéreur. L'article 726 du CGI met ce droit de 5 % à la charge de l'acheteur pour les cessions de participations dans des personnes morales à prépondérance immobilière, dont les SCPI, quel que soit le canal de cession.
Peut-on anticiper la transmission des parts SCPI ?
Oui, la donation-partage est la voie la plus courante : abattement de 100 000 € par enfant renouvelable tous les 15 ans, valeurs figées au jour de la donation pour le partage successoral, et possibilité de démembrement (barème de l'article 669 du CGI). Une décision à construire avec un notaire ou un professionnel habilité.
⚠️ Mentions réglementaires : 2nd Market est une plateforme de mise en relation entre investisseurs pour la revente de parts de SCPI sur le marché secondaire de gré à gré. 2nd Market n'est ni conseiller en investissements financiers (CIF), ni société de gestion de portefeuille, ni conseiller en gestion de patrimoine (CGP), ni notaire. Les informations de cette page sont fournies à titre informatif et ne constituent pas un conseil juridique, fiscal ou patrimonial personnalisé. L'investissement présente un risque de perte en capital et un risque de liquidité. Les performances passées ne préjugent pas des performances futures. Consultez un professionnel habilité pour votre situation.